Journée mondiale du jaguar : protégeons le plus grand félin d’Amérique
Chaque année, le 28 novembre permet de mettre en lumière le jaguar, espèce classée « quasi-menacée » par l’UICN*. Présent principalement dans les forêts tropicales d’Amérique, ce grand félin n’a aucun prédateur naturel : sa principale menace est l’Homme. Déforestation, fragmentation de son habitat et pressions humaines expliquent en grande partie le recul de l’espèce. On estime aujourd’hui la population sauvage à environ 64 000 individus, dont près de 90% dans le bassin amazonien.
Le jaguar menacé sur son propre territoire
Même si le jaguar est protégé dans les pays où il vit, il reste menacé dans son milieu naturel :
- Les corridors naturels qui lui permettent de se déplacer se trouvent souvent hors des aires protégées, ce qui augmente les risques de braconnage, sa peau étant particulièrement convoitée.
- Il fait également l’objet de persécutions de la part d’éleveurs, qui lui attribuent parfois injustement des attaques sur le bétail.
Résultat : le jaguar a déjà disparu de plus de la moitié de son aire de répartition.
Les actions soutenues par Beauval Nature en Argentine et au Brésil
Depuis plusieurs années, de multiples programmes de protection sont mis en place pour tenter d’endiguer le déclin des populations de jaguars en Amérique du Sud. Depuis 2019, Beauval Nature soutient l’institut Pró-Carnívoros, qui porte notamment le Projeto Onças de Iguaçu, dans le parc national d’Iguaçu au Brésil et en Argentine : une zone importante pour la conservation de l’espèce. Ce projet a pour but :
- L’étude de l’écologie et de la biologie de l’espèce
Cet été, la surveillance de 58 points fixes dans le parc national, grâce à des pièges photographiques a permis de filmer 28 espèces et d’identifier 22 jaguars, dont 4 femelles avec leur petit et 3 femelles gestantes. - Le recensement des chiens, potentiels vecteurs de maladie
Les chiens malades ou errants peuvent transmettre des maladies aux jaguars, comme la maladie de Carré, ce qui menace la santé des populations de jaguars. De plus, les jaguars peuvent s’attaquer aux chiens aux abords des propriétés, ce qui génère des conflits entre humains et grands félins. L’été dernier, une visite de 88 propriétés réparties dans 10 villages a été réalisée dans le cadre du Programa Cãoservação, dédié à l’évaluation de la santé des chiens proches du parc national. Au total, 380 chiens ont été comptabilisés. - L’installation de dispositifs anti-prédation
Afin de réduire les conflits entre jaguars et éleveurs, 23 dispositifs anti-prédation ont été distribués cet été. - La sensibilisation de la population locale
Des ateliers et des campagnes éducatives sont organisés pour encourager les habitants à adopter des comportements favorables à la conservation.
Depuis plusieurs années, Beauval Nature soutient le travail de Yara Barros, coordinatrice du projet. Si vous voulez en savoir plus sur les actions que Yara mène sur le terrain, n’hésitez pas à lire son interview issue du dernier Beauval Nature Mag.
Pour participer concrètement à la protection de la biodiversité, n’hésitez pas à faire un don à Beauval Nature.

Laetitia, femelle jaguar du ZooParc de Beauval
Des nouvelles des jaguars à Beauval
Miguel et Laetitia, notre couple de jaguars, ont tous les deux soufflé leur 20e bougie cette année : début septembre pour Laetitia et fin octobre pour Miguel. Ils sont très facilement différenciables grâce à leur pelage :
- Laetitia, la femelle, est atteinte de mélanisme, ce qui explique son pelage noir.
- Miguel présente une coloration orangée avec des tâches noires, typique de l’espèce.
Venez les admirer dans le Bois des Fauves (n°15 sur le plan).
Le saviez-vous ?
Le mélanisme n’est pas un phénomène rare chez les félins : il a été observé chez 13 des 37 espèces existantes. La couleur noire de la fourrure est due à une mutation récessive héréditaire du gène codant la couleur.
Dans le cas d’un couple « mixte » comme à Beauval, la couleur de la descendance dépendra de l’allèle dominant. Un allèle chez le jaguar, c’est simplement une version différente d’un gène qui donne une particularité à l’animal, comme la couleur de son pelage. Chaque jaguar hérite de deux allèles pour chaque gène concerné : un de sa mère et un de son père, et la combinaison de ces allèles détermine l’expression du trait observé. Mais la présence des deux couleurs au sein d’une même portée est également possible !
*Union Internationale pour la Conservation de la Nature