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Une nouvelle espèce de cacatoès découverte grâce à un programme de conservation coordonné par Beauval

Nouvelle espèce cacatoès microglosse

Une découverte scientifique exceptionnelle vient d’être publiée dans la revue internationale Conservation Genetics : une équipe de chercheurs a mis en évidence l’existence d’une lignée génétique jusqu’alors inconnue, susceptible de constituer une nouvelle espèce de cacatoès microglosse.

Cette étude a été menée par une équipe associant le Muséum national d’Histoire naturelle, Beauval Nature et le ZooParc de Beauval. Parmi les co-auteurs figurent Baptiste Mulot (directeur général de Beauval Nature) et Laetitia Latorre, Responsable Sciences, gestion des populations animales et conservation au ZooParc de Beauval et coordinatrice européenne du programme ex situ du cacatoès microglosse.

Le microglosse, un perroquet pas comme les autres

Le cacatoès microglosse (Probosciger aterrimus), aussi appelé cacatoès noir, est le plus grand des 18 espèces de cacatoès. Facilement reconnaissable à son plumage entièrement noir, il possède également un impressionnant bec capable de briser les noix de palme et autres graines particulièrement dures.

Originaire de Papouasie-Nouvelle-Guinée et du nord de l’Australie, cet oiseau se distingue aussi par sa spectaculaire huppe pouvant atteindre 15 centimètres. Lorsqu’il est excité ou inquiet, il la déploie tandis que les parties nues et rouges de ses joues deviennent encore plus éclatantes.

Autre particularité : contrairement à la plupart des autres cacatoès, les mâles et les femelles présentent le même aspect, sans différence visible de couleur des yeux ou du plumage.

Classée « Quasi menacée » par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), cette espèce bénéficie d’un programme européen de conservation ex situ coordonné par le ZooParc de Beauval.

En savoir plus sur l’espèce

Quand la génétique révèle des secrets cachés

Pour mieux comprendre la diversité génétique des microglosses présents dans les parcs zoologiques européens, les chercheurs ont analysé l’ADN de 50 individus participant au programme ex situ.

L’objectif était de savoir si certains oiseaux présentaient des particularités génétiques importantes afin d’améliorer leur gestion et leur reproduction dans le cadre du programme européen. Les résultats ont dépassé toutes les attentes.

Une nouvelle espèce originaire de l’île de Yapen en Indonésie

Les analyses ont révélé l’existence d’une lignée génétique totalement distincte des autres microglosses connus. Cette population serait originaire de l’île de Yapen, une île indonésienne située au large de la Nouvelle-Guinée.

Le niveau de différence génétique observé est suffisamment important pour considérer qu’il s’agit d’une espèce à part entière, jamais identifiée jusqu’à présent.

Cette découverte rappelle que même chez des animaux aussi emblématiques et étudiés que les perroquets, la biodiversité continue de nous réserver des surprises.

Une espèce déjà menacée ?

Les chercheurs s’inquiètent cependant de l’avenir de cette nouvelle espèce. Ils ont identifié neuf individus appartenant à cette lignée génétique au sein de la population ex situ étudiée. Ces neuf oiseaux sont tous issus de saisies douanières, ce qui témoigne de la pression exercée par le commerce illégal sur cette population potentiellement très restreinte.

Ce faible nombre laisse penser que cette population pourrait être particulièrement vulnérable dans la nature. Des prélèvements importants auraient déjà été signalés sur l’île de Yapen il y a plusieurs décennies.

De nouvelles études seront nécessaires pour évaluer précisément son état de conservation.

Le rôle essentiel des zoos dans la recherche

Cette découverte illustre l’importance des programmes de conservation menés dans les parcs zoologiques modernes. Les populations animales hébergées dans les zoos permettent non seulement de préserver des espèces menacées, mais aussi d’améliorer les connaissances scientifiques sur leur histoire et leur diversité génétique.

Ce travail est le fruit d’une collaboration entre le Muséum national d’Histoire naturelle, le ZooParc de Beauval et Beauval Nature, menée dans le cadre du programme ex situ de l’EAZA consacré aux microglosses, coordonné par Beauval. Beauval Nature a accompagné ce projet tant sur le plan scientifique que financier.

Cette découverte montre que les programmes de conservation menés dans les zoos ne servent pas seulement à protéger les espèces menacées : ils permettent aussi de faire progresser les connaissances scientifiques et, parfois, de révéler une biodiversité encore inconnue.

Elle s’inscrit dans les nombreux projets de recherche menés avec les équipes de Beauval. Parmi eux, une étude publiée en 2018 avait notamment démontré pour la première fois chez les oiseaux l’existence d’expressions faciales associées à des émotions positives, en montrant que les aras bleu et jaune peuvent rougir et dresser certaines plumes de leur tête lors d’interactions avec leurs soigneurs.

Découvrez les programmes de recherche soutenus par Beauval Nature sur le site internet de l’association.

Nos programmes de recherche

Venez observer les microglosses à Beauval

Le saviez-vous ? Le ZooParc de Beauval héberge huit microglosses, trois femelles et cinq mâles. Ils sont visibles au sein de l’Allée Historique dont les volières ont été rénovées en 2023.
Observer ces impressionnants perroquets, aujourd’hui au cœur d’un programme européen de conservation et d’une découverte scientifique majeure, est une occasion unique d’en apprendre davantage sur une espèce fascinante et les enjeux liés à sa préservation.

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