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Zones humides : Beauval s’engage dans la campagne européenne « Wetlands for Life »

Campagne européenne pour les zones humides - flamants roses

Mares, marais, mangroves, fleuves, tourbières, estuaires… Les zones humides prennent des formes très diverses et abritent une biodiversité exceptionnelle. Elles jouent aussi un rôle majeur dans le cycle de l’eau, le stockage du carbone et l’adaptation au changement climatique. Pourtant, elles comptent aujourd’hui parmi les écosystèmes les plus menacés au monde.

Pour sensibiliser le public à leur importance et encourager leur protection, leur restauration et leur création, l’Association européenne des zoos et aquariums (EAZA) lance la campagne « Wetlands for Life » pour les années 2026 et 2027.

Le ZooParc de Beauval et l’association Beauval Nature s’associent à cette mobilisation en mettant en lumière plusieurs actions menées en France, au Sénégal, en République du Congo et directement à Beauval.

En savoir plus sur la campagne « Wetlands for Life »

« Wetlands for Life » : une campagne pour protéger les zones humides

Portée par l’EAZA, la campagne rassemble parcs zoologiques, aquariums, associations et citoyens autour d’un même objectif : préserver les zones humides et la diversité des espèces qui en dépendent.

Elle repose sur quatre grands axes :

  • sensibiliser à l’importance écologique et climatique de ces milieux
  • soutenir des projets de conservation sélectionnés par l’EAZA
  • encourager la restauration des zones humides et une meilleure gestion de l’eau
  • développer les connaissances grâce à la recherche et aux sciences participatives

À Beauval comme sur le terrain, ces objectifs prennent une forme très concrète.

Lamantin d’Afrique dans la lagune de Conkouati

Observation du lamantin d’Afrique par ©HELP Congo

HELP Congo : mieux connaître les lamantins de la lagune de Conkouati

En République du Congo, la lagune de Conkouati forme une vaste zone humide reliée à des bras de rivières et bordée d’herbiers aquatiques. Cette mosaïque de milieux abrite notamment le lamantin d’Afrique, une espèce encore peu étudiée, classée « Vulnérable » sur la Liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

Cette étude, menée avec l’association HELP Congo, vise à mieux connaître la présence et l’utilisation de ces milieux par les lamantins. Les recherches se déroulent dans la lagune, au niveau des herbiers ainsi qu’à l’entrée des rivières N’Gongo et Louvandzy.

Parce que les eaux sont souvent turbides, les équipes associent plusieurs méthodes complémentaires. Des prélèvements d’eau permettent de rechercher l’ADN environnemental laissé par les lamantins, tandis que des hydrophones immergés captent leurs vocalises et les bruits produits lorsqu’ils broutent la végétation. Des traces de consommation sur les herbiers et des observations directes complètent ces données. Ces recherches ont pu confirmer la présence de plusieurs individus dans la zone protégée par HELP Congo.

En améliorant les connaissances sur la répartition, les comportements et les milieux fréquentés par le lamantin d’Afrique, cette étude contribue à mieux orienter les actions en faveur de l’espèce et de la zone humide dont elle dépend.

Beauval Nature présentera d’ailleurs les résultats de cette étude lors de sa conférence de rentrée, le 16 septembre 2026 à 19h, en présence de Lucas Dubus, doctorant qui consacre sa thèse au lamantin d’Afrique. N’hésitez pas à venir y assister !

S’inscrire à la conférence de rentrée de Beauval Nature

Le pélobate brun, un discret habitant de nos zones humides

Difficile à observer, mais impossible à négliger ! Le pélobate brun est un petit crapaud extrêmement rare en France. Autrefois plus largement répandu, il ne subsiste aujourd’hui que dans quelques secteurs d’Alsace, de Lorraine et de la région Centre-Val de Loire. Dans le Loiret, l’une des deux dernières populations régionales compte une centaine d’adultes et constitue la plus importante population française connue.

Classé « En danger critique d’extinction » en Centre-Val de Loire, le pélobate brun subit notamment l’assèchement et la disparition des zones humides, la pollution, la fragmentation de son habitat ainsi que l’introduction d’espèces exotiques envahissantes. En 50 ans, ses effectifs ont diminué de 80 %.

Pour participer à sa sauvegarde, Beauval Nature anime la déclinaison régionale du plan national d’actions en faveur de l’espèce, sous le pilotage de la DREAL Centre-Val de Loire.

Pélobate brun dans une zone humide

Pélobate brun dans une zone humide

Dans le Loiret, quatre passages à faune aménagés sous la RD19, à Lailly-en-Val, facilitent désormais les déplacements des amphibiens entre les mares. Une trentaine d’espèces utilisent déjà ces corridors et aucune mortalité n’a été observée sur la route depuis leur mise en service.

Les équipes étudient aussi les déplacements terrestres et les zones d’hivernage de ce crapaud difficile à repérer. Depuis 2024, un chien spécialement entraîné apprend à reconnaître son odeur afin de détecter les individus enfouis dans le sol. Hydrophones, analyses d’ADN environnemental, suivi des têtards et restauration des mares complètent le dispositif. En 2026, 18 pontes ont été repérées, contre quatre l’année précédente.

Protéger le pélobate brun permet de préserver tout un écosystème : les mesures prises en sa faveur profitent également aux tritons, grenouilles, insectes et oiseaux présents autour des mares.

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Palétuviers replantés dans une mangrove au Sénégal

Palétuviers replantés au Sénégal ©Océanium

Au Sénégal, restaurer les mangroves pour protéger tout un écosystème

Des mares du Loiret aux côtes sénégalaises, les zones humides jouent partout un rôle essentiel. Dans le delta du Sine Saloum et l’estuaire du fleuve Casamance, les mangroves forment un écosystème unique, entre terre et océan.

Composées principalement de palétuviers, elles offrent un lieu de vie, d’alimentation et de reproduction à une multitude d’espèces. Elles limitent aussi l’érosion du littoral, atténuent la force des vagues, filtrent l’eau et stockent du carbone.

Ces milieux contribuent par ailleurs aux activités locales, notamment à la pêche, à la récolte des huîtres et à la riziculture. Ils restent toutefois fragilisés par les sécheresses, l’augmentation de la salinité, la pollution et les aménagements qui perturbent la circulation de l’eau.

À partir de 2017, Beauval Nature a accompagné le programme de restauration porté par l’Océanium Dakar, en lui versant plus de 150 000 € au total. Depuis 2006, plus de 100 millions de propagules de palétuviers ont été plantées à la main avec la participation de plus de 150 000 personnes issues de 450 villages.

Les espaces restaurés sont cartographiés et suivis dans le temps. Poissons, oiseaux, caïmans, lamantins et huîtres recolonisent progressivement les secteurs concernés. La restauration des mangroves bénéficie ainsi à la biodiversité comme aux populations locales.

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Le vison d’Europe, un mammifère indissociable des milieux aquatiques

Autre espèce emblématique des zones humides : le vison d’Europe. Ce petit mammifère semi-aquatique fréquente les cours d’eau, les marais, les prairies humides et les forêts alluviales. Autrefois présent dans une grande partie de l’Europe, le vison d’Europe a disparu de nombreux territoires. En France, il ne subsiste plus que dans quelques secteurs de l’ouest du pays. La destruction et la dégradation des zones humides, les collisions routières, les pollutions et la présence du vison d’Amérique comptent parmi les principales menaces qui pèsent sur l’espèce.

Beauval Nature soutient le programme de conservation coordonné par la Ligue pour la Protection des Oiseaux. Le radiopistage permet de mieux connaître les déplacements et les besoins de l’espèce, tandis que d’autres actions visent à restaurer, aménager et sécuriser son habitat.

La protection du vison d’Europe dépend de réseaux de zones humides fonctionnels et connectés. Une mare, un bras de rivière ou une prairie inondable ne peuvent remplir pleinement leur rôle s’ils restent isolés.

En savoir plus sur le programme

Campagne européenne pour les zones humides - vison d'Europe

Le vison d’Europe fréquente les zones humides ©Romain Beaubert

À Beauval, les flamants nous parlent des zones humides

Ambassadeurs de la campagne « Wetlands for Life », les flamants illustrent la richesse et la fragilité des zones humides. À Beauval, les flamants des Caraïbes évoluent dans le bassin de la Grande Volière Sud-Américaine, aux côtés de nombreux oiseaux liés aux milieux aquatiques.

Ce vaste espace permet d’observer les comportements des flamants et de mieux comprendre leur dépendance aux milieux humides. Dans la nature, ces oiseaux fréquentent des lagunes, des marais salants, des lacs peu profonds et des zones côtières, où ils trouvent leur nourriture et les conditions nécessaires à leur reproduction.

La création de ce territoire a conduit Beauval à repenser la gestion de l’eau. Une station de phytoépuration récupère l’eau des bassins, la filtre naturellement grâce à une succession de lagunes plantées de végétaux adaptés, puis permet de la réinjecter dans l’installation. Une partie de l’eau filtrée sert aussi à l’arrosage de la Grande Volière.

Au-delà de sa fonction de filtration, la station est devenue un lieu de vie pour la faune locale. Grenouilles, crapauds, tritons, canards, poules d’eau et hirondelles fréquentent désormais ses lagunes.

Découvrir la Grande Volière Sud-Américaine

Préserver les zones humides : à vous d’agir !

Chacun peut contribuer à la campagne « Wetlands for Life » :

  • soutenez les projets de conservation sélectionnés par l’EAZA
  • organisez une action de sensibilisation autour des zones humides
  • participez à la restauration d’une mare, d’un cours d’eau ou d’une autre zone humide près de chez vous
  • adoptez des mesures simples pour économiser l’eau au quotidien
  • contribuez au suivi des zones humides grâce à iNaturalist, à Beauval ou ailleurs dans le monde

Vous pouvez aussi soutenir directement les programmes de conservation et de recherche accompagnés par Beauval Nature.

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