Journée mondiale des vautours : des alliés essentiels à protéger
Chaque année, le premier samedi de septembre marque la Journée internationale de sensibilisation aux vautours. Cette mobilisation vise à mieux faire connaître ces oiseaux, leur rôle écologique et les menaces qui pèsent sur eux. En France, la LPO et le réseau vautour ont lancé en 2014 les Journées mondiales des vautours. Des animations sont organisées par la LPO et ses partenaires partout en France du 15 août au 13 septembre 2026.
Les vautours regroupent 23 espèces reconnues réparties en deux familles ayant évolué séparément :
- les Accipitridés en Europe, en Afrique et en Asie : les vautours de l’Ancien Monde,
- et les Cathartidés sur le continent américain : les vautours du Nouveau Monde.
Toutes partagent cependant une même fonction essentielle : consommer les carcasses et contribuer ainsi à l’équilibre sanitaire des écosystèmes.
Je viens voir les vautours à Beauval
Les vautours, spécialistes du vol et du recyclage naturel
Des falaises européennes aux savanes africaines, des forêts sud-américaines aux hauts plateaux asiatiques, les vautours occupent des milieux très variés. Leurs longues et larges ailes leur permettent d’exploiter les courants d’air chaud pour planer durant de longues périodes en dépensant peu d’énergie. Les vautours de l’Ancien Monde localisent principalement leur nourriture grâce à leur vue, tandis que certains vautours du Nouveau Monde, comme l’urubu à tête rouge, possèdent également un odorat particulièrement développé.
Toutes ces espèces sont nécrophages : elles se nourrissent d’animaux déjà morts. Lorsqu’elles se retrouvent autour d’une carcasse, leurs morphologies et leurs régimes complémentaires permettent d’en consommer les différentes parties. Le vautour fauve prélève surtout les tissus mous, tandis que le puissant bec du vautour moine lui permet de déchirer les parties plus résistantes. Plus petit, le vautour percnoptère récupère de petits fragments. Le gypaète barbu intervient quant à lui sur les os, qui constituent l’essentiel de son alimentation. Il peut en avaler certains entiers et laisser tomber les plus gros depuis les airs afin de les briser sur la roche.

Vautour moine
Toutes les espèces ne suivent toutefois pas exactement le même régime. Le vautour palmiste consomme notamment les fruits des palmiers à huile et des palmiers raphias, qui peuvent représenter jusqu’à 65 % de son alimentation. Le vautour percnoptère est, lui, l’un des rares oiseaux capables d’utiliser des outils : il peut se servir d’une pierre pour casser la coquille d’un œuf.
En faisant disparaître rapidement les carcasses, les vautours limitent l’accès à cette ressource pour d’autres espèces susceptibles de transmettre des maladies. Leur système digestif extrêmement acide détruit également de nombreux agents pathogènes : ils constituent ainsi un véritable « cul-de-sac épidémiologique », interrompant leur transmission. Ils contribuent ainsi à protéger la santé de la faune sauvage, des animaux domestiques et la ressource en eau.
Quatre espèces se reproduisent aujourd’hui en France métropolitaine : le vautour fauve, le vautour moine, le vautour percnoptère et le gypaète barbu.

Vautour fauve
Près de 70 % des espèces de vautours sont menacées
Malgré leur rôle irremplaçable, les vautours figurent parmi les groupes d’oiseaux les plus fragilisés : environ 70 % des espèces sont actuellement classées « Vulnérables », « En danger » ou « En danger critique d’extinction ».
L’empoisonnement constitue l’une de leurs principales menaces. Dans certaines régions, les vautours peuvent être directement visés, mais ils sont aussi victimes indirectes d’appâts toxiques destinés à éliminer d’autres animaux.
En Asie du Sud, l’utilisation massive du diclofénac pour traiter le bétail a entraîné la quasi-extinction de plusieurs espèces de vautours, intoxiquées après avoir consommé les carcasses d’animaux traités. Les vautours peuvent également être exposés au plomb contenu dans les munitions.
À ces risques s’ajoutent les tirs, le commerce illégal, la raréfaction des ressources alimentaires, la dégradation des habitats, le dérangement des sites de reproduction, ainsi que les électrocutions et les collisions avec les lignes électriques ou les éoliennes. Leur reproduction lente rend leurs populations particulièrement sensibles à la mortalité des adultes : les grandes espèces atteignent leur maturité après plusieurs années et n’élèvent généralement qu’un jeune par cycle de reproduction.
Comment Beauval Nature participe à la protection des vautours
Beauval Nature soutient actuellement trois programmes de conservation qui concernent directement les vautours :
Mission Rapaces : protéger les vautours en France
En France, le programme « Mission Rapaces », géré par la LPO, agit en faveur d’une vingtaine d’espèces de rapaces. Il comprend notamment le suivi des populations, la protection des habitats et des sites de reproduction, la réduction des risques liés aux infrastructures et la sensibilisation. Il contribue aux actions menées pour les quatre vautours présents en France, dont la réintroduction des vautours fauves et moines dans les Grands Causses et les actions de conservation consacrées au vautour percnoptère et au gypaète barbu.
Le gypaète barbu : renforcer les populations européennes
Beauval Nature soutient également depuis 2012 le programme européen consacré au gypaète barbu, coordonné par la Vulture Conservation Foundation. Reproduction ex situ, suivi scientifique, réhabilitation d’oiseaux blessés, réintroduction et renforcement des populations permettent de favoriser le retour progressif de l’espèce dans plusieurs massifs européens. En 2024, Paradiso est devenu le premier gypaète né à Beauval à être réintroduit en milieu naturel, dans le canton d’Obwald, en Suisse. Deux ans plus tard, le 24 juin 2026, Zierli, un jeune gypaète élevé par Makalu à Beauval, a lui aussi rejoint le milieu naturel, dans le parc national de Berchtesgaden, en Allemagne.
Le condor des Andes : agir en Argentine
En Argentine, la Fondation Bioandina, également soutenue par Beauval Nature, protège le condor des Andes, un vautour du Nouveau Monde. Ses équipes recueillent et soignent les individus blessés ou empoisonnés, coordonnent la reproduction ex situ et la réintroduction, assurent le suivi satellite des oiseaux et sensibilisent les populations. Pachamama, une femelle née à Beauval, a notamment été réintroduite en Patagonie en septembre 2021.

Condor des Andes femelle
Les espèces de vautours visibles à Beauval
Au ZooParc de Beauval, les visiteurs peuvent découvrir des vautours originaires de différentes régions du monde :
- Le gypaète barbu est visible près du territoire des dromadaires ;
- Le condor des Andes est présenté près de la Grande Volière Sud-Américaine ;
- Le vautour moine, le vautour de l’Himalaya, le vautour charognard, le vautour à tête blanche et le vautour pape sont à découvrir dans les volières historiques, à proximité de l’entrée Sud ;
- Le vautour fauve, le vautour africain et le vautour de Rüppell sont visibles à la sortie du Dôme Équatorial ;
- Le vautour palmiste évolue dans la Réserve des Hippopotames ;
- L’urubu noir, l’urubu à tête rouge et le vautour pape vous attendent dans la Grande Volière Sud-Américaine.
Plusieurs espèces de vautours peuvent également être admirées en plein vol lors de l’expérience immersive Les Maîtres des Airs.
La Rhune, une ambassadrice de son espèce
Après avoir été temporairement séparée de Makalu, La Rhune a récemment retrouvé son mâle. Cette séparation avait permis à Makalu d’élever Zierli, un jeune gypaète venu d’un autre parc, qui n’avait pas été accepté par La Rhune. Très investi auprès de l’oisillon jusqu’à son départ pour être réintroduit en milieu naturel, Makalu a eu besoin de quelques jours pour retrouver ses habitudes avec la femelle. Il lui bloquait notamment l’entrée du nid. Qu’à cela ne tienne, La Rhune avait alors aménagé son propre nid, plus bas dans les rochers.
Progressivement, Makalu lui a de nouveau laissé l’accès au nid principal. Moins d’une semaine après leurs retrouvailles, La Rhune avait repris sa place et ses marques au sein du couple. La Rhune a également renoué avec ses habitudes, comme ses bains dans le bassin d’argile, qu’elle affectionne tout particulièrement.
Née le 18 mars 2010, La Rhune est la femelle gypaète barbu parrainable à Beauval. En choisissant de la parrainer, vous effectuez un don à Beauval Nature et contribuez au financement de ses programmes de conservation et de recherche. Plusieurs formules sont proposées à partir de 20 €, pour une durée d’un an, avec plusieurs contreparties qui vont du certificat de parrainage à une rencontre avec l’animal parrainé. Le don ouvre droit à une réduction fiscale de 66 %, dans les limites prévues par la législation.
Tout savoir sur les vautours
Quelles espèces de vautours vivent en France ?
Quatre espèces de vautours se reproduisent aujourd’hui en France métropolitaine : le vautour fauve, le vautour moine, le percnoptère d’Égypte et le gypaète barbu. Leur présence actuelle résulte notamment de plusieurs décennies d’actions de conservation et de programmes de réintroduction.
Les vautours sont-ils dangereux pour l’être humain ?
Non, les vautours ne représentent pas une menace pour l’être humain. Généralement méfiants, ils préfèrent éviter son contact. Comme tout animal sauvage, ils peuvent néanmoins chercher à se défendre s’ils se sentent menacés ou si leur nid est approché.
Les vautours peuvent-ils attaquer des animaux vivants ?
Les vautours sont avant tout des oiseaux nécrophages, spécialisés dans la consommation d’animaux morts. En France, lorsque des vautours ont été signalés au contact d’animaux encore vivants, les expertises ont montré que, dans la quasi-totalité des cas, ces animaux étaient malades ou en grande détresse et que leur pronostic vital était déjà engagé.
Pourquoi les vautours ont-ils la tête chauve ?
Leur tête dénudée ou recouverte d’un fin duvet se salit moins lorsqu’ils consomment une carcasse et se nettoie plus facilement qu’un plumage dense. Les zones de peau nue jouent également un rôle dans la régulation de la température corporelle.
Qu’est-ce qu’une curée chez les vautours ?
Une curée désigne le rassemblement de plusieurs vautours autour d’une carcasse pour s’en nourrir. Grâce à leurs régimes complémentaires, chaque espèce intervient à sa manière : le vautour fauve consomme les tissus mous, le vautour moine les parties plus coriaces et le percnoptère les petits restes dispersés. Le gypaète barbu termine ce travail naturel en se nourrissant principalement des os.