Les koalas sont-ils en “extinction fonctionnelle” ?

En mai dernier, l’ONG Australian Koala Foundation (AKF) présentait un rapport selon lequel il ne resterait plus que 80 000 koalas à l’état sauvage en Australie. Ce chiffre, alarmant, conduit à supposer que l’espèce serait fonctionnellement éteinte.

Qu’est-ce que l’extinction fonctionnelle ?

On dit d’une espèce qu’elle est fonctionnellement éteinte lorsque le nombre réduit d’individus vivants ne parvient plus à remplir son rôle au sein d’un écosystème donné. Les koalas ont un rôle important dans la santé des forêts d’eucalyptus. En mangeant les feuilles les plus hautes et en fertilisant le sol, ils participent activement à la croissance de ces forêts particulières.

Mais le terme d’extinction fonctionnelle fait également référence à une capacité de reproduction inférieure aux besoins de l’espèces. Il peut alors s’agir aussi bien d’un manque de reproduction ou de lieux de reproduction que d’un brassage génétique faible, menant petit à petit à la disparition de l’espèce.

Derrière ces termes, l’AKF affirme qu’à long terme, si rien n’est fait, les koalas ne survivront pas à leurs conditions. 

Une situation alarmante

Aujourd’hui, les koalas sont considérés comme une espèce vulnérable sur la liste rouge de l’UICN. Les derniers relevés, de 2016, font état d’une population aux alentours de 300 000 individus. Si les chiffres exacts restent difficiles à connaître, les estimations faites par l’AKF ne sont pas nécessairement erronées.

On note depuis de nombreuses années un déclin accéléré des populations de koalas dans les différentes régions d’Australie. L’urbanisation, la déforestation mais aussi le réchauffement climatique jouent un rôle majeur dans cette diminution. Les récents incendies de forêt, dus entre autre aux vagues de chaleur records enregistrées, réduisent encore les zones d’habitat de ces marsupiaux.

L’AKF surveille, depuis 2010, 128 des 151 “electorates” australiens : des zones délimitées représentées par un seul membre du parlement. Sur ces 128 régions, étendues sur les aires d’habitation des koalas, 41 n’abriteraient aujourd’hui plus de koalas. Dans les 72 electorates comptant moins de 1 000 individus, l’ONG estime que l’espèce est fonctionnellement éteinte.

Ainsi, si cette observation n’est pas forcément représentative de l’état de l’ensemble de la population des koalas, elle n’en reste pas moins un cri d’alarme face à une extinction se rapprochant à grands pas.

Une demande de volonté politique

Par ce rapport, l’AKF a souhaité mettre en avant la nécessité d’actions politiques en Australie pour la conservation des koalas. Le fait que cette annonce ait été diffusée à la veille d’un scrutin électoral n’est pas anodin mais ne doit pas éclipser la réalité du risque d’extinction.

De nombreuses propositions de loi de protection des koalas ont été discutées ces dernières années, mais les efforts faits ne semblent pas suffisants. L’organisation souhaiterait voir la création de zones protégées, autant pour les koalas eux mêmes que pour les eucalyptus dont ils dépendent, notamment par la mise en place du Koala Protection Act.

Des actions de conservation

Plusieurs association et ONG agissent déjà pour la conservation des koalas. C’est le cas, par exemple du WWF, de l’AKF évidemment, mais aussi du Zoo de San Diego. Ce dernier, en accord avec le gouvernement australien, pilote le programme de conservation international en parc zoologique à travers le monde.

La présence de koalas dans les zoo, dont 10 européens, permet de faire perdurer l’espèce, de pouvoir étudier et comprendre certaines maladies qui touchent l’espèce, mais aussi de recueillir de nombreuses données comportementales. Celles-ci permettent alors de mieux adapter les comportements et le développement humain, notamment agricole, à l’environnement des koalas afin de les protéger au mieux.

Depuis 2002, le ZooParc de Beauval participe à ce programme en accueillant plusieurs koalas au sein de sa serre Australienne. De nombreux bébés ont ainsi vu le jour au ZooParc, permettant d’approfondir les recherches et donc de donner une chance supplémentaire à la survie de l’espèce.

Mais le parc de San Diego, soutenu par l’association Beauval Nature, s’engage également sur le terrain et étudie le comportement des koalas en milieu naturel. En se basant par exemple sur leurs migrations, les chercheurs peuvent alors recommander divers aménagements aux autorités australiennes. La San Diego Global Zoo Wildlife Conservancy réalise également le suivi de koalas réhabilités et relâchés dans des régions où l’espèce avait disparu.

Si l’extinction fonctionnelle des koalas reste discutable, il est indéniable qu’un grand danger pèse sur les lieux de vie de l’espèce et que tous les soutiens, associatifs comme gouvernementaux, sont nécessaire pour sa sauvegarde.

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