Mobilisons-nous contre le massacre des hippopotames en Zambie

Aujourd’hui, le 15 février, nous sommes supposés célébrer la journée mondiale des hippopotames. À la place, nous rendons à cette journée son rôle premier, celui de sensibiliser à la cause de ces mammifères géants d’Afrique.

Une chasse massive des hippopotames

La nouvelle est tombée hier et suscite, à raison, l’indignation de nombreuses associations de défense des animaux. Le gouvernement de Zambie a annoncé son intention d’abattre 2 000 hippopotames au cours des 5 prochaines années, en commençant dès le mois de mai prochain, date de l’ouverture de la chasse.

Selon un responsable anonyme du ministère du tourisme zambien : “la population d’hippopotames dans le parc national de Luangwa Sud est de 13 000, alors que Luangwa ne peut accueillir que 5 000 hippopotames […] Cela pose un danger pour l’écosystème.”

“Aucune de ces justifications ne tient la route”

Will Travers, président de l’ONG Born Free dénonce l’argumentaire des autorités en prenant à l’appui les précédentes tentatives du gouvernement pour ouvrir plus largement la chasse de cette espèce : ” Il s’agissait d’abord d’empêcher une épidémie d’anthrax. Puis le niveau dans la rivière Luangwa était trop faible. Maintenant c’est à cause d’une prétendue surpopulation. Aucune de ces justifications ne tient la route.”

Il est vrai qu’une trop forte population d’hippopotames pourrait nuire à la santé de la rivière Luangwa et, par son biais, à celle du fleuve Zambèze. Les excréments de ces animaux dégagent une forte quantité d’azote et de phosphore. Une étude publiée en mai 2018 montre même que les boues composées de ces déjections comportent un mélange toxique d’ammoniac, de méthane et de sulfure d’hydrogène. Sans même parler des bactéries présentes naturellement dans l’eau et se nourrissant de ces déchets organiques qui risqueraient de consommer tout l’oxygène des rivières en cas de surpopulation des pachydermes.

Néanmoins, le DPNW (Département des parcs nationaux et de la vie sauvage), un organisme dédié à la conservation des espèces en Zambie, n’a pu fournir aucune preuve démontrant la surpopulation d’hippopotames dans la rivière Luangwa, ni à démontrer que les activités précédentes d’élimination de l’espèce ont permis de réduire la population à long terme. En d’autres termes, la justification avancée par le gouvernement zambien n’a pas de fondement et ses actions ne semblent pas être utiles à l’environnement.

Les ONG estiment que le projet des autorités zambiennes et avant tout motivé par des raisons économiques. Dans ce pays d’afrique australe, les hippopotames peuvent être vendus sous forme de trophées. Will Travers estime que ce commerce, couplé à l’abattage, pourrait générer près de 3 millions d’euros. Une entreprise sud-africaine propose d’ores et déjà un séjour “package hippopotames” permettant de chasser 5 individus de cette espèce.

Une espèce vulnérable

Il est important aujourd’hui de se mobiliser et de pouvoir interpeller les autorités. Les hippopotames sont classés parmi les espèces vulnérables sur la liste de l’IUCN. Laisser l’Homme exploiter leur saccage à des fins purement économiques est impensable.

Bien que l’association Beauval Nature ne soutienne pas directement de programme de conservation de cette espèce, nous ne pouvons qu’appuyer le combat mené par les différentes ONG sur place. Le gouvernement zambien a déjà reculé à de nombreuses reprises sur ce genre d’actions face à la pression des organisations, et il est possible qu’il recule encore.

Nous vous invitons à diffuser largement ce message et à signer la pétition disponible sur le site sauvonslaforet.org

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