Naissance d’un éléphanteau à Beauval : le bébé de N’Dala se porte bien !
Immense émotion au ZooParc de Beauval !
N’Dala (37 ans) a donné naissance, après plus de 21 mois de gestation, à un éléphanteau au sein de la Maison des Éléphants. Il s’agit d’une petite femelle et elle se porte très bien, comme sa maman. Son prénom sera choisi dans les prochains jours par les soigneurs.
Très attendu par les équipes, ce petit bébé marque un moment historique : aucun éléphanteau n’était né à Beauval depuis 13 ans. La première et la dernière naissance d’un éléphant à Beauval remonte au 20 juillet 2012 lorsque N’Dala, déjà, mettait bas un petit éléphanteau prénommé Rungwe.
Le 3 décembre dernier, nous vous annoncions la double gestation de N’Dala et Ashanti. Si le premier des deux bébés attendus vient de voir le jour, Ashanti est toujours gestante et sous étroite surveillance.
Akili, le seul mâle du groupe d’éléphants à Beauval est le père des deux bébés : la petite femelle née cette nuit et celui (ou celle) qu’Ashanti attend encore.
Une surveillance 24h sur 24 déclenchée mercredi
La surveillance de nuit avait été déclenchée par l’équipe animalière le mercredi 11 février, après la chute du taux de progestérone de N’Dala, un indicateur biologique annonçant une mise-bas imminente. Ce dispositif permet d’assurer une présence continue des soigneurs afin de suivre le déroulement de la naissance, d’observer les premières interactions mère-jeune et d’intervenir rapidement si nécessaire.
Ashanti (23 ans), dont les taux hormonaux ont commencé à baisser en début de semaine, reste également sous étroite surveillance dans l’attente de sa propre mise-bas. Cette future naissance sera une première pour elle, contrairement à N’Dala, déjà expérimentée.
N’Dala, une mère aveugle qui se débrouille très bien
Le fait que N’Dala soit aveugle n’inquiète ni les soigneurs ni les vétérinaires. Sa perte de vision s’est installée progressivement, quelques années après la naissance de Rungwe. Il ne s’agit ni d’un accident, ni d’un traumatisme particulier, ni d’un phénomène lié à son âge : ses troubles oculaires se sont développés petit à petit, sans cause précise identifiée, jusqu’à altérer fortement sa vue. Elle perçoit encore probablement certaines variations de lumière, mais ne distingue plus réellement les formes.
Habituée à cette situation, N’Dala évolue avec assurance dans un environnement qu’elle connaît parfaitement. Elle utilise sa trompe comme un véritable outil d’exploration et de guidage, fonctionnant essentiellement au toucher et à l’odorat. Avec sa petite, elle se repère et la guide naturellement, notamment lors des premières tétées. Son expérience et sa mémoire des lieux sont de précieux atouts pour accompagner sereinement sa petite femelle dans ses premiers jours de vie.
Retrouvez la vidéo de cette naissance exceptionnelle, puis découvrez le récit complet ci-dessous.
Le récit d’une naissance très attendue
Tout a commencé à 20h46, le 14 février, jour de la Saint-Valentin, lorsque les équipes ont été alertées que N’Dala avait perdu les eaux. En quelques minutes, soigneurs, vétérinaires d’astreinte et responsables se sont rendus sur place. La nuit s’annonçait longue.
Installés dans deux salles distinctes pour ne pas perturber N’Dala, les équipes ont suivi l’évolution du travail grâce aux caméras de vidéosurveillance installées dans le box de mise-bas, à hauteur d’éléphante et à plusieurs mètres pour avoir une vision en surplomb. Malgré la perte des eaux, les contractions restaient rares et espacées. Les heures passaient sans réelle progression visible.
« Comme on voyait les heures passer sans travail franc, l’inquiétude montait : on s’apercevait que ça n’avançait pas », raconte Baptiste Demarsan, responsable du Service Herbivores au ZooParc de Beauval. « Quand on est arrivés au délai des 4 heures après la perte des eaux, on a su qu’il fallait intervenir pour comprendre pourquoi la mise-bas ne progressait pas. »
Vers une heure du matin, une première intervention vétérinaire a été décidée. Afin de permettre un examen approfondi en toute sécurité — pour l’animal comme pour les équipes — un dispositif de contention sécurisé a été temporairement mis en place pour limiter ses mouvements. Cette procédure encadrée a permis de réaliser une prise de sang, une échographie et une stimulation. Les vétérinaires ont pu confirmer que le bébé était vivant grâce à l’échographie, en observant des signes de circulation sanguine. Une injection d’ocytocine a alors été administrée pour relancer les contractions.
Vers 3h, face à l’absence de naissance malgré des efforts plus marqués, une seconde intervention a été nécessaire. Dans le cadre du même protocole de sécurité, N’Dala a de nouveau été stabilisée afin de permettre une nouvelle stimulation. À cet instant, l’équipe se préparait à envisager une intervention chirurgicale délicate si la situation n’évoluait pas.
« À ce moment-là, on avait tous l’idée de sauver la mère. On ne pensait pas forcément que le petit allait survivre », confie Baptiste. « On n’avait pas d’information certaine : l’échographie ne disait pas qu’il était mort, mais ne permettait pas non plus de l’affirmer vivant. Alors on se concentrait sur l’essentiel. »
Finalement, la progression s’est accélérée et le bébé est né à 4h02.
D’abord inerte, le petit a été immédiatement pris en charge, stimulé et dégagé des mucosités. Lorsqu’il a pris sa première respiration par la trompe, un immense soulagement a parcouru le bâtiment.
« La première image qu’on a vue, c’est la trompe qui sortait, toute molle, sans réaction. Et puis, dans les minutes qui ont suivi, elle s’est contractée, elle a commencé à se redresser… et là, on a compris qu’il était vivant », raconte Baptiste. « Autant dire que ça a été l’euphorie du moment, même si on restait totalement concentrés sur les gestes à faire. »
Une fois les dispositifs de sécurité retirés, N’Dala a rejoint son petit. Après quelques secondes de tension — le temps pour elle de le localiser — elle l’a vigoureusement stimulé, comme le font les éléphantes, avant de le protéger entre ses pattes avant. L’émotion était immense face à cet instant attendu depuis treize ans. Certains soigneurs, vétérinaires ou responsables n’ont pas pu retenir leurs larmes, relâchant la pression accumulée depuis de longues heures.
« On est passé par toutes les émotions en quelques heures… », résume le responsable du Service Herbivores.
Et au-delà de l’ascenseur émotionnel, la force du collectif a été déterminante : « Chacun savait ce qu’il avait à faire. On ne s’est même pas regardés : ça s’est fait naturellement », souligne Baptiste. « Les vétérinaires ont été exceptionnels : préparés, au bon moment, avec les bons gestes. Et côté soigneurs, tout le monde a répondu présent. »

Un moment crucial : les premières tétées
Un bébé en pleine forme
À la naissance, un éléphanteau pèse généralement autour de 100 kg. Les premières observations sont rassurantes et les équipes suivent attentivement ces moments cruciaux : la mise en station, les premières tétées et le lien mère-jeune.
La mise en station désigne le moment où un animal nouveau-né se met debout pour la première fois. Chez l’éléphant, c’est une étape très importante des premières heures de vie.
Pourquoi c’est crucial ?
- Cela montre que le petit a une bonne tonicité musculaire.
- Cela permet l’accès aux mamelles pour la première tétée.
- C’est un indicateur clé de vitalité neurologique et locomotrice.
Un événement historique pour Beauval et important pour la conservation de l’espèce
La dernière naissance d’un éléphant à Beauval remontait au 20 juillet 2012, avec la naissance de Rungwe. Depuis, Rungwe a rejoint d’autres institutions zoologiques européennes dans le cadre du programme d’élevage : transféré en 2018 au zoo de Magdebourg (Allemagne), il évolue depuis 2021 au zoo de Győr, en Hongrie.
L’éléphant de savane d’Afrique est classé « en danger d’extinction » sur la Liste rouge de l’UICN. Cette naissance représente donc une excellente nouvelle pour le programme européen d’élevage, qui vise à assurer une population viable et génétiquement diversifiée en Europe.
Peut-on voir le bébé ?
Avec un peu de chance, les visiteurs pourront apercevoir la petite femelle à l’intérieur de la Maison des Éléphants, dans une zone calme et adaptée à ses premiers jours de vie. Les premières sorties dans la Plaine des Eléphants dépendront bien sûr de son évolution et des conditions météorologiques.
Le groupe d’éléphants à Beauval est parrainable
Au ZooParc de Beauval, sept femelles — dont la petite née très récemment — et un mâle, Akili, évoluent sur trois plaines totalisant 6 hectares : c’est le plus grand espace de vie pour des éléphants en France. Une superbe installation pensée pour leur bien-être.
Vous pouvez parrainer le groupe des éléphants et contribuer directement à la préservation des espèces menacées à travers le monde.
Le parrainage est un don à l’association Beauval Nature, déductible à 66 % des impôts.