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Hommage à Michel BASSOMPIERRE, Grand Maître de la sculpture animalière

Disparition Michel BASSOMPIERRE - Hommage Beauval

Il y a des artistes dont l’œuvre dépasse la matière. Des hommes qui, sans bruit, marquent durablement les regards et les lieux. Michel BASSOMPIERRE était de ceux-là. Il s’est éteint le 21 avril 2026 à Nantes, à l’âge de 78 ans, laissant derrière lui un vide immense, reflet de la douceur et de la force qu’il insufflait à chacune de ses sculptures.

Grand Maître de la sculpture animalière, référence mondiale dans son domaine, Michel BASSOMPIERRE a consacré sa vie à donner forme au vivant. Ours, gorilles, éléphants… Sous ses mains, la matière devenait présence. Ses œuvres, aux lignes rondes et apaisées, semblaient respirer, silencieuses mais profondément habitées. Il ne sculptait pas des animaux : il révélait leur âme.

Beauval, écrin de son œuvre

À Beauval, son empreinte est désormais éternelle. Début 2024, il donnait naissance à une œuvre monumentale devenue emblématique : « Yuan Meng, la réalisation d’un rêve », une sculpture extérieure représentant Huan Huan et son petit Yuan Meng. Installée à l’entrée du ZooParc, elle accueille chaque visiteur comme une promesse : celle d’un lien intime entre l’homme et le monde animal. Une œuvre à la fois majestueuse et profondément tendre, à l’image de son créateur.

Cette collaboration ne s’est pas arrêtée là. En 2025, Beauval accueillait une exposition exceptionnelle : 9 œuvres de Michel BASSOMPIERRE disséminées dans le parc, entre avril et novembre. Une rencontre rare entre art et nature, où ses sculptures trouvaient un écho presque évident au milieu des espèces vivantes qu’il admirait tant.

L’âme d’un ours

Car Michel BASSOMPIERRE vivait ainsi : en lien constant avec le vivant. « J’ai vécu ce besoin de la nature avec mon frère animal, et au milieu de nos sœurs les plantes », disait-il. Un « vrai ours », comme il aimait se définir lui-même, discret, profondément attaché au calme, à son atelier, à la nature. Il parlait peu, mais chaque mot comptait. Et lorsqu’il évoquait ses œuvres, sa timidité s’effaçait pour laisser place à une passion contagieuse. Il devenait alors intarissable, lumineux.

Une signature reconnue dans le monde

Derrière l’artiste reconnu internationalement –­ exposé boulevard Haussmann à Paris, sur Park Avenue à New York, à la Mamounia à Marrakech ou encore au Musée Océanographique de Monaco – se cachait un homme humble. Un homme qui rappelait sans cesse que ses œuvres étaient le fruit d’un travail collectif. Il mettait en lumière le rôle essentiel des fondeurs, des artisans du patinage, de toute une équipe qui, à ses côtés, donnait vie à ses sculptures. Aujourd’hui, c’est aussi à eux que vont nos pensées.

Car son départ est brutal. Et la peine est immense pour sa famille, ses proches, ses collaborateurs. Une famille soudée, chaleureuse, à son image. Une équipe qu’il considérait comme indissociable de son œuvre, et qui continue désormais de faire vivre son héritage.

Un parcours salué

Récemment encore, le 1er avril, il recevait les insignes d’Officier de l’ordre des Arts et des Lettres au Musée Bourdelle, aux côtés de Roselyne Bachelot. Une reconnaissance parmi tant d’autres, mais qui venait saluer une carrière exceptionnelle, marquée par une volonté constante : rendre l’art accessible à tous, et éveiller les consciences à la beauté fragile du monde vivant.

Sculpter, transmettre

À Beauval, nous avons eu la chance de partager bien plus que ses œuvres. Des moments. Des échanges. Une conférence marquante, « Sculpter le vivant », où il façonnait sous nos yeux la matière, dans une simplicité désarmante. Et même une touche d’humour, fidèle à son caractère, comme ce clin d’œil inattendu lors d’un célèbre poisson d’avril.

Michel BASSOMPIERRE était passionnant. Profondément humain. D’une gentillesse sincère. Un artiste rare, mais surtout un homme vrai.

L’héritage de BASSOMPIERRE

Aujourd’hui, ses sculptures demeurent. Elles continueront de veiller, silencieuses, dans les lieux qu’il a marqués. À Beauval et ailleurs. Elles continueront de parler pour lui, avec cette douceur unique qui les caractérise.

Mais derrière le bronze et le marbre, c’est une présence qui s’efface. Une voix, un regard, une sensibilité.

Et pourtant, quelque chose reste.
Dans chaque courbe.
Dans chaque regard sculpté.
Dans chaque émotion ressentie face à ses œuvres.

Comme un souffle.

À sa famille, à ses proches, à toute son équipe, nous adressons nos pensées les plus sincères. Nous partageons votre peine.

Et à vous, Michel BASSOMPIERRE, merci.
Pour votre regard sur le monde.
Pour votre humilité.
Pour cette infinie tendresse que vous avez su donner au vivant.

Vous laissez derrière vous bien plus que des sculptures.
Vous laissez une trace. Une émotion. Une mémoire.

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